Pibal vélo Bordeaux Starck

Bon, j’ai vainement cherché une rime qui aurait donné un impact au titre de cet article, un truc qui impliquerait Pibal avec pédale, dédale, royal ou magistral mais pour le coup, la simplicité passe parfois beaucoup mieux. Alors oui, j’ai testé le Pibal !

Pibal vélo Bordeaux Starck

Comme dix-neuf autres chanceux bordelais ayant répondu à un questionnaire sur le site de Bordeaux, j’ai eu le privilège le 8 novembre dernier d’enfourcher cette fameuse monture grise et jaune. Imaginé par notre designer bien régional Philippe Starck, élaboré par Peugeot cycle après de nombreux échanges et financé par la ville de Bordeaux, le Pibal se veut comme le « vélo urbain idéal ». Hybride entre le vélo et la trottinette, il permet comme l’anguille éponyme de se faufiler dans la foule et s’adapter aux situations. Quelques tours de pédales sur le Pont de Pierre se transforment ainsi en une ballade patinette en pleine rue Sainte Catherine bondée lors des achats de Noël.

Pibal vélo Bordeaux Starck

Avec sa structure multitubulaire, son cadre gris contrasté de pneumatiques jaunes, le Pibal en impose et s’impose sous les yeux des passants.
Manque de bol dans le calendrier des tests, on a eu droit à deux mois d’essai en bonne période froide, sous la pluie et le froid au bout des doigts sans moyen de remettre la main sur mes gants… Vous savez, ceux en fibres nylon pour utiliser son smartphone et faire de belles photos du Pibal sur la scène citadine. Bref, ça a été dur mais une difficulté estompée par la fierté du test en avant-première.

Pibal vélo Bordeaux Starck

Passée cette présentation, attaquons dans le vif mon avis sur le Pibal. D’abord dubitatif sur l’esthétique du vélo qui ne m’avait pas parlé jusque-là, lorgnant davantage du côté des fixies custom, le Pibal me semblait lourd visuellement avec une patinette trop accessoire mais dès la remise et les premiers tours de roues dans la cour de l’Hôtel de ville de Bordeaux, j’ai été séduit par sa souplesse et sa légèreté permis notamment par ses deux vitesses automatiques qui s’alternent selon la force du pédalage — idéal sur le plat de la ville, moins sur les montées où les mollets seront mis plus fortement à contribution.

Pibal Bordeaux vélo plan repose-pied Starck

Je n’ai eu que de très rares occasions d’utiliser le mode « patinette » avec seulement quelques tentatives rue Sainte Catherine et dans quelques axes chargés mais le mode de déplacement ne m’est pas suffisamment naturel bien qu’il devrait correspondre à beaucoup de monde. Le repose-pied central (comprenant d’ailleurs une belle gravure d’un plan schématique de Bordeaux) facilite cette position alternative sans que les pédales viennent gêner le mouvement.

Pibal vélo Bordeaux Starck

En roulement, la position est idéale : guidon haut, selle confortable, on se sent prêt à affronter les kilomètres sous les yeux surpris des bordelais que l’on croise en route – mention au hollandais qui m’a coursé pour me poser quelques questions techniques sur le vélo. J’ai apprécié l’éclairage intégré (bien que mon feu arrière fait la gueule depuis une semaine), la dynamo dans le moyeu central et l’antivol en U fourni avec qui s’intègre élégamment dans le porte-bagage arrière mais qui nécessite bien 10 minutes de test pour se faire la main pour le rentrer et le sortir facilement.

Pibal vélo Bordeaux Starck

Les seuls petits points faibles que j’ai pu noter sur ces deux mois de tests sont, comme indiqué précédemment, les montées plus dures avec le Pibal qu’avec un Vcub, une béquille un poil trop légère pour un parcage qui demandera plus d’attention et enfin un garde-boue arrière trop court ; avec le mois de novembre pluvieux, j’ai eu de multiples occasions de passer mes vestes en mode camouflage.

Dernière précision à une question que l’on m’a fréquemment posée pendant ces deux mois ; le Pibal ne vient pas remplacer le Vcub mais sera la mise à jour progressive des vélos en location longue durée proposés par la ville de Bordeaux sur la base de locations de 3 mois renouvelables contre caution.

Pibal vélo Bordeaux Starck

Le test de ce Pibal aura été une expérience plaisante, me faisant gagner de précieuses minutes sur mes trajets quotidiens et je me serai bien vu poursuivre l’aventure en enchaînant sur une location classique derrière notamment pour l’arrivée des beaux jours. Malheureusement un déménagement au Nord de la CUB va me contraindre à me contenter du bus pour les mois à venir mais une chose est sûre, si Bordeaux est votre territoire quotidien et que le deux roues est votre mode de déplacement par excellence, le Pibal est idéal.

Articles en rapport